10 ans déjà que Portishead a décidé de s'éclipser... On ne les attendait plus vraiment quand l'annonce de ce troisième album est arrivée. Difficile d'imaginer à quoi pouvait ressembler la
musique de Portishead en 2008. Et puis, au cours de ces 10 ans le Trip Hop s'est doucement éteint avec le choix de Tricky, Archive et autres Massive Attack de prendre des directions
diverses et variés. Mais voila, ces 10 ans ont semblent-elles été riches en émotions et en intensités pour Beth Gibbons et ses compagnons. Et donc Third est maintenant sorti...
Dummy avait déjà été une petite révolution dans mon univers musical. Je reste toujours aussi perdu et grogis en écoutant le fabuleux Roads. Mais cette fois ci Third
ne montre pas une voie, Third est un gouffre. Ecouter cet album n'est pas quelque chose d'anodin. Il s'agit du genre d'album qui vient doucement vous glacer le sang. Une expérience
qui vient rappeler les premières écoutes de Kid A de Radiohead ... les premiers frissons de Idiothèque. Portishead passe à mon avis dans une autre dimension
avec cet album. Il y a un mélange entre des mélodies d'une mélancolie glaciale, des rythmes syncopés et une émotion à fleur de peau. Et bien sûr il y a la fragile et atmosphérique Beth
Gibbons qui vient hanter chaque recoin de cet album. Third est un album qui joue continuellement avec les destructurations des sons et les ruptures dans les rythmes, le tout
accompagné de mélodies implacables.
Le premier single de cet album est insensé... il s'agit de Machine Gun. Ce choix montre bien la mentalité du groupe car je ne vois pas comment ce titre peut passer à la radio. Les
percussions sont lourdes et viennent tout au long du morceau percuter nos petits tympans pendant que la voix de Beth gibbons vient doucement contraster avec cette violence. Et puis il y a ce
passage pendant lequel elle s'arrête de chanter et où les percussions commencent à se distordre.... je ne m'en remets pas !! The Rip dans un style plus classique est un bijou de
poésie et vient rappeler le titre Mysteries chanté en solo par Beth Gibbons il y a quelques années. Et puis j'ai aussi été scotché par Magic Doors. On y entend des rythmes un
peu orientaux et puis soudain un grincement, une rupture et la voix de Beth Gibbons qui reprend le dessus... c'est grand... trés grand.
A noter que l'on entend un banjo sur cet album.... le premier groupe de trip hop qui joue du banjo.... c'est trés rare ! :-)
While, white horses,
They will take me away,
And the tenderness I feel,
Will send the dark underneath,
Will I follow?
(The Rip)
Il n'y a pas dix albums de ce calibre par an et même par décennie... Un album qui bizarrement peut vous faire briller les yeux et vous laisser un petit sourire au creux des lèvres signifiant
que quelque chose de spécial s'est produit. Cela fait du bien de temps en temps de ressentir ce genre de choses ...
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